 |
|

Du bon usage des somnifères
DU BON USAGE DES SOMNIFERES
Trop de personnes s'habituent à s'endormir avec des somnifères. A tort. S'il
importe de consulter son médecin en cas de trouble du sommeil, au cours d'une
consultation spécifique, il ne faut pas forcément en attendre une prescription
médicamenteuse comme remède.
Quelles sont les différentes familles de somnifères?
Les premiers somnifères appartenaient à la classe des barbituriques. Ils présentaient
l'inconvénient d'offrir un sommeil brutal, un réveil difficile, une certaine
accoutumance et étaient donc assez peu prescrits. De nouvelles molécules sont
apparues qui ont eu pour effet de banaliser la prescription d'hypnotiques à
tout âge.
L'arrivée des " benzodiazépines " a donné lieu à une explosion de la consommation
des hypnotiques, car ce type de médicament procure un endormissement rapide
et un réveil facile au bout de 4 ou 5 heures de sommeil...
Quels sont les dangers des somnifères ?
La prise de certains hypnotiques en même temps que de l'alcool peut avoir des
effets amnésiants et, surtout, la consommation en continu de somnifères peut
déboucher sur une accoutumance, sur un syndrome de manque si on arrête d'en
prendre. Après une prescription limitée dans le temps, certaines personnes ne
supportent pas de vivre quelques journées de malaise, de " battement ", pour
retrouver un sommeil naturel, et continuent à prendre des somnifères.
Les benzodiazépines peuvent avoir des conséquences redoutables car ils ont des
effets néfastes sur l'attention, la vigilance, la mémoire. Enfin, ils peuvent
modifier chez l'individu la façon de gérer sa vie, provoquer une perte de sens
de la morale sociale.
Dans quels cas prescrit-on des somnifères?
Le 1er cas est celui de l'insomnie occasionnelle, par exemple les jours précédant
un examen, en cas de conflit ou au travail. Les somnifères permettent au patient
de bien dormir et de ne pas aggraver son état de malaise.
La 2ème indication, plus discutable, est celle de l'anxiété vespérale, de la
crise d'angoisse au moment de se coucher. La personne s'empêche de dormir par
peur de mourir pendant son sommeil ou pour éviter certains dangers. La consommation
d'hypnotiques risque alors de durer plusieurs années.
La 3ème cause, la plus fréquente, est la mauvaise qualité du sommeil, liée au
non respect des règles de bon sommeil. Le patient demande alors une solution
médicamenteuse par méconnaissance de ces règles, qui ne sont connues que depuis
quelques années Il est indispensable de comprendre que les somnifères ne sont
que des médicaments d'appoint, à utiliser sur une période limitée, qui ne peuvent
pas régler les problèmes d'une personne à eux seuls. Il faut élever ses enfants
sans l'habitude de prendre un somnifère pour dormir, afin qu'ils ne grandissent
pas avec la sensation qu'ils doivent prendre quelque chose pour que tout aille
bien dans la vie, ce qui peut déboucher ultérieurement sur des conduites toxicomaniaques.
Nous remercions l'URML du Centre et de Haute Normandie pour ce conseil de santé.

|
|